Raphaëlle, maroquinerie Petite Frappe à Granville
©

Raphaëlle, maroquinerie Petite Frappe à Granville

|

Harmony Perrière

RaphaëlleL'âme du cuir derrière Petite Frappe

Raphaëlle

Ajouter aux favoris

Il suffit de quelques minutes avec Raphaëlle pour comprendre que son parcours n’a rien d’ordinaire. À 44 ans, cette ancienne cheffe de produit en agence de publicité a choisi de changer de vie pour donner naissance à Petite Frappe, un atelier de maroquinerie artisanale où chaque création raconte une histoire.

Portrait de créatrice

Installée à Granville depuis deux ans, après un véritable coup de cœur pour la région lors d’un simple week-end entre amis, Raphaëlle a immédiatement trouvé ici ce qu’elle recherchait : un cadre de vie inspirant et un accueil chaleureux. « J’ai tout de suite adoré l’ambiance et les gens d’ici », confie-t-elle.

Après dix années passées à imaginer des gammes de produits pour de grandes marques, avec une spécialisation dans le Made in France, les produits éthiques et les techniques de marquage, une évidence s’est imposée : elle voulait « passer de l’autre côté ». Ne plus imaginer pour les autres, mais créer pour elle-même.

C’est ainsi que naît « Petite Frappe », officiellement lancée le 15 avril dernier. Aujourd’hui, on retrouve Raphaëlle sur les marchés de créateurs de la région, tandis qu’elle développe son atelier installé, pour l’instant, à son domicile.

Une passion devenue métier

Depuis toujours, Raphaëlle est fascinée par les techniques de marquage : broderie, sérigraphie, marquage à chaud. Après des années à collaborer avec des artisans, l’envie de mettre elle-même la main à la matière est devenue irrésistible.

Son choix s’est naturellement porté sur le cuir.

« J’adore son odeur, son toucher et surtout son côté durable. C’est une matière noble qui traverse le temps. »

Elle travaille exclusivement avec du cuir de vache au tannage végétal, une méthode traditionnelle qui transforme la peau grâce aux tanins présents dans les écorces d’arbres et les végétaux, sans recours aux produits chimiques. Une démarche respectueuse de la matière et en accord avec ses valeurs.

Ce qu’elle apprécie particulièrement ? Les projets personnalisés.

Chaque demande devient une rencontre, un échange, une réflexion commune pour créer un objet unique qui accompagnera son propriétaire pendant de longues années.

Au cœur de la création

L’inspiration est partout.

Une exposition, un objet chiné en brocante, le travail d’un autre artisan, un détail aperçu au détour d’une balade.

Sa toute première création fut un porte-cartes.

« J’avais envie de créer un petit objet utile, qu’on glisse dans sa poche et qui raconte déjà une histoire. »

Aujourd’hui, la pièce dont elle est la plus fière est le « Bisou Bag », un petit sac entièrement réalisé à la main en cuir au tannage végétal. Entre deux et trois heures de travail sont nécessaires pour donner vie à ce modèle devenu emblématique de son univers.

À la rentrée, Raphaëlle participera à France Design Week : avec quatre autres artisans, ils préparent une exposition nommée “Matières premières, Manières de faire”, qui a pour thématique le défi technique du travail manuel face à l’industrialisation.

Le savoir-faire, entre tradition et créativité

Dans son atelier, chaque création suit un processus minutieux.

Tout commence par le dessin du patron ou parfois sans patron… Vient ensuite la découpe du cuir au cutter, puis l’assemblage des différentes pièces, avant les finitions.

Raphaëlle aime travailler avec de beaux outils, souvent chargés d’histoire. Parmi eux, une ancienne équerre retrouvée dans le grenier de la maison où elle vit aujourd’hui ou encore un vieux rouleau qu’elle utilise pour lisser les encollages. Ces objets anciens côtoient des équipements plus techniques comme une machine de marquage à chaud, une machine à coudre industrielle ou encore une presse à rivets.

Mais son moment préféré intervient bien avant la fabrication.

« Ce que je préfère, c’est l’idée. Le moment où quelqu’un arrive avec une envie, une histoire ou un projet, et que l’on imagine ensemble ce qu’il pourrait devenir. »

Elle conserve d’ailleurs un carnet rempli de mots, de petites phrases et d’expressions qui nourrissent ses futures créations.

Si elle devait résumer son univers en trois mots, ce serait simplement :

« Du cuir, du cœur et des couleurs ».

Regarder vers demain

Après une première année riche en rencontres sur les marchés, Raphaëlle souhaite désormais développer sa boutique en ligne tout en poursuivant sa présence sur les événements locaux.

Son prochain grand projet est l’ouverture d’un véritable atelier-boutique sur le territoire de Granville Terre et Mer d’ici un an, un lieu où elle pourra accueillir le public et partager davantage son savoir-faire.

À ceux qui rêvent de se lancer dans une aventure artisanale, elle adresse un conseil simple mais sincère :

Écoutez vos idées, faites-leur confiance. Osez ! Tout devient possible dès qu’on se lance.

Et lorsqu’elle quitte son atelier, c’est tout naturellement au bord de la mer qu’elle retrouve l’inspiration. Un livre à la main, installée sur la plage au pied de chez elle, elle profite de la douceur du littoral granvillais avant de retourner imaginer les prochaines histoires que racontera le cuir.

Article rédigé par Harmony PERRIÈRE, Ambassadrice de la Destination Granville Terre et Mer