Jean-Francois Hélye, artiste à CérencesJean-Francois Hélye dans son atelier-galerie à Cérences
©Jean-Francois Hélye|Jean-Francois Hélye
Jean-François HélyeArtiste à Cérences

Jean-François Hélye

Installé à Cérences, Jean-François Hélye est peintre, poète, sculpteur… Et bien plus encore. Dans sa galerie-atelier baptisée « La Galerie de H », il accueille les visiteurs dans un univers foisonnant et intime, à son image. Rencontre avec un artiste inclassable, habité par la création.

La création, c’est comme une nécessité.

Jean-François Hélye
À la rencontre de Jean-François Hélye

Pourquoi avoir choisi d’appeler votre lieu « La Galerie de H » ?

H comme Hélye, bien sûr. Mais aussi H comme le symbole de Higgs, scientifique Anglais qui en 1964 et par une équation supposa qu’une nouvelle particule inconnue apparaîtrait si des protons se collisionnaient à grande vitesse, ce qui fût démontré en 2012 ! Le Bozon de Higgs. J’aime cette idée d’énergie, de transformation. Et puis c’est une lettre mystérieuse, silencieuse, mais essentielle.

Depuis quand existe cette galerie ?

Ça fait presque trois ans maintenant. Elle est située à Cérences, au numéro 48 — même si les numéros changent parfois ici ! C’est un lieu un peu hybride : à la fois atelier, galerie, et parfois scène de concert ou lieu d’expérimentation artistique.

La galerie de H à Cérences

Comment décririez-vous l’univers de la Galerie de H ?

Éclectique, foisonnant. Il y a de la peinture à l’huile, du dessin, un peu de sculpture, et même de la poésie. J’écris des textes j’écris des textes, des poèmes, des aphorismes qui peuvent se mêler avec un tableau ou un dessin. J’essaie de mêler les disciplines. Il y a des créations en lien avec mes textes, des illustrations… ça bouillonne en permanence ici !

D’où vous vient cette envie de créer ?

Depuis tout petit. J’ai grandi dans un coin très rural, un peu paumé. L’ennui et l’isolement m’ont poussé à inventer, à construire. Je fabriquais des avions, des sculptures… et la peinture est arrivée vers 9 ans. Ensuite, même quand j’ai eu une vie professionnelle “normale”, je ramenais toujours des matériaux pour créer après le boulot.

Avez-vous eu une formation artistique ?

Pas de parcours académique classique, non. Mais j’ai eu la chance de suivre des cours avec David Lewis, un peintre anglais installé dans la Manche. Il m’a transmis beaucoup de techniques et d’exigence. Et puis j’ai continué à apprendre, seul, en copiant les maîtres au départ, puis en développant ma propre manière.

Comment naît une œuvre, chez vous ?

Parfois d’un coup, à partir d’un mot, d’une couleur, d’une émotion. J’ai appris à structurer mes idées avec des croquis, des études. Mais je laisse toujours une place à l’élan. Il m’est arrivé de peindre à partir d’une photo prise sur un marché, d’un jeu de lumière… Je suis très instinctif.

Vous travaillez aussi des matériaux inattendus comme l’argile de mer…

Oui, je récupère de l’argile grise sur certaines plages, que je mélange avec des fibres de chanvre pour la solidifier. C’est un matériau vivant, local, brut. Je fais parfois des essais aussi avec du mortier ou du béton, mais l’argile de mer a une vraie personnalité. Et puis, quand une pièce tombe, elle ne casse pas : c’est du costaud !

La Galerie de H est-elle amenée à devenir un tiers-lieu artistique ?

C’est un souhait, oui. J’aimerais organiser des concerts, des résidences, des journées d’initiation à la peinture. J’ai déjà animé des ateliers dans le cadre d’une formation en communication inspirée de l’art-thérapie. Partager, transmettre, expérimenter collectivement : c’est aussi ça, l’art pour moi.

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